Un film de David CRONENBERG
- Durée : 1h36
- Pays d’origine : Canada – RU – France
- Date de sortie : 1999
- Genre : science-fiction
Quinzième long-métrage de David Cronenberg, eXistenZ reçut un accueil critique mitigé et fut surtout un échec au box-office, totalement écrasé par le triomphe de Matrix sorti la même année. Une œuvre mal aimée qui mérite toutefois d’être réhabilitée, tant elle est emblématique du body-horror dont Cronenberg reste le maître.
Porté par une mise en scène minimaliste mais soignée et des décors stylisés, eXistenZ propose une esthétique visuelle unique, assez austère, à l’opposé des codes habituels du cinéma de science-fiction. En ce sens, il se distingue des films fantastiques de son époque — Matrix justement — qui dépeignent la technologie comme une force externe et désincarnée, alors que Cronenberg la rend organique, presque viscérale.
Loin de toute artificialité, eXistenZ fait preuve d’une imagerie troublante, aux accents résolument sexuels, qui rappellent les obsessions du cinéaste déjà présentes dans Videodrome ou Crash. Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, le film s’apparente ainsi à un inventaire des thèmes de prédilection du réalisateur, qui n’a cessé dans sa carrière de traiter de la fusion entre la technologie et le corps humain. La symbiose entre la chair et le mécanique atteint ici son paroxysme, avec ces bio-ports qui deviennent littéralement une extension du corps pour pénétrer dans le jeu vidéo.
Brouillant les frontières entre le réel et le virtuel, le film plonge le spectateur dans une intrigue labyrinthique, où chaque certitude se dérobe et où les niveaux de conscience se superposent et s’entremêlent. À la fois ludique et profondément interactif, oscillant entre la fable et la satire, eXistenZ est une façon pour Cronenberg de pousser le spectateur à douter constamment : où commence le jeu, où s’arrête la réalité ?




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