Un film de Michael HANEKE
- Durée : 2h24
- Pays d’origine : France – Allemagne – Italie
- Date de sortie : 2009
- Genre : drame historique
Premier film historique de Michael Haneke, Le ruban blanc obtient la Palme d’or du festival de Cannes en 2009. Une consécration pour le réalisateur autrichien, qui surprend ici en affichant un classicisme assez éloigné de son univers habituel
Venu tard au cinéma, Michael Haneke est rapidement devenu un cinéaste majeur, grâce à des films dérangeants qui auscultent les dégâts provoqués par la violence et le mal dans la société d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse de ses premières réalisations ou de ses œuvres ultérieures à plus gros budgets et à castings internationaux, le réalisateur de Funny games a beaucoup scruté la cellule familiale, terreau idéal des perversions et de la corruption mentale.
Un propos que l’on retrouve dans Le ruban blanc qui raconte comment le rigorisme moral, propre aux familles protestantes, constitue les prémices d’une société totalitaire. Une nouvelle fois, les enfants sont au centre du récit, avec leur fausse innocence qui cache une violence intériorisée (et qui rappellent les blondinets du Village des damnés). Le scénario mêle intelligemment plusieurs thématiques (éducation religieuse rigoureuse, mystérieux accidents, cruauté enfantine et punitions feutrées), dans une succession de non-dits et d’ellipses qui évoquent en filigrane la montée du nazisme. Sur le plan formel, Le ruban blanc affiche un noir et blanc somptueux et des plans-séquence magnifiques, qui s’intègrent parfaitement à la stratégie de distanciation du cinéaste autrichien. Malgré sa longueur inhabituelle, le film garde ainsi ce mélange de froideur et de sécheresse propre à Haneke, qui cherche constamment à détacher le spectateur de l’histoire afin de provoquer sa réflexion.
À sa sortie, Le ruban blanc récolte de nombreuses récompenses dans les festivals et obtient un beau succès public à travers le monde.




Laisser un commentaire