Un film de Scott DERICKSON
- Durée : 1h40
- Pays d’origine : Etats-Unis
- Date de sortie : 2012
- Genre : horreur
Clouer le spectateur à son siège et lui infliger quelques nuits blanches, voici le programme de ce film d’horreur respectueux du genre et des attentes de ses inconditionnels. Porté par un Ethan Hawke au mieux de sa forme, Sinister joue habilement de la mise en abyme et de l’utilisation des jump-scare.
L’origine du projet est assez originale. Un critique de cinéma, C Robert Cargill, fait un terrible cauchemar après avoir vu le remake américains de The ring. Dans ce rêve, il découvre dans son grenier un film super 8 montrant une famille pendue à un arbre. Il en tire un scénario qu’il présente à Scott Derrickson lors d’une soirée dans un bar de Las Vegas. Le réalisateur adore l’idée et se lance dans le film avec un tout petit budget (3 M de dollars), tout en arrivant à convaincre Ethan Hawke de jouer le personnage principal.
À l’instar de nombreux films d’horreur contemporains, Sinister multiplie les références. On pense bien évidemment à The ring (la malédiction transmise par un média), mais également à Shining (l’écrivain enfermé dans un lieu et dans sa folie) ou encore Massacre à la tronçonneuse (l’image sale et poisseuse comme symbole de l’Amérique profonde peuplée de rednecks dégénérés). Mais si le film évolue en terrain connu, l’inventivité de sa mise en scène permet d’orchestrer un réjouissant jeu de massacre.
Jouant intelligemment sur le hors-champ, le metteur en scène soustrait systématiquement le tueur à l’image et parvient à orienter le regard du spectateur là où il ne s’y attend pas. Une position à la fois frustrante et stimulante, qui permet de coller au personnage d’Ethan Hawke et de sentir la menace sans pouvoir l’identifier.
Même si l’on peut regretter une fin un peu convenue dans le grand-guignol, Sinister s’impose comme un pur cauchemar d’épouvante, digne de ses prédécesseurs. Comme de nombreuses productions Blumhouse, il a en plus parfaitement éprouvé la recette petit budget/maxi profit, avec près de 88 millions de recettes au box-office.





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