Un film de Spike LEE
- Durée : 2h12
- Pays d’origine : Etats-Unis
- Date de sortie : 1991
- Genre : drame

Séance Plan culte : mardi 22 septembre 19h30
Figure phare du cinéma Afro-américain, Spike Lee est également le symbole d’une résurgence du cinéma indépendant, aux côtés de Jim Jarmusch, Steven Soderbergh ou les frères Coen. Avec son cinquième film Jungle fever, il affirme son style flamboyant, audacieux et généreux, ainsi que sa vision féroce, radicale et pessimiste de la société américaine.
Lancé à toute vitesse à la fin des années 80 grâce à son œuvre fondatrice Do The Right Thing, Spike Lee rencontre immédiatement un succès critique et commercial. Il enchaîne alors les réalisations au rythme soutenu d’un film par an et, après le très jazzy Mo better blues, revient à un cinéma plus ouvertement contestataire avec Jungle Fever.
Sorti en 1991. la même année que Boy’z in the Hood et New Jack city, le film aborde la question raciale sous un angle différent, avec une violence moins frontale et plus insidieuse. Pas de gangsters flamboyants ici mais un architecte bien inséré, dont la success story afro-américaine, dès lors qu’il s’extraie de sa communauté, se fracasse sur la réalité d’une société sclérosée. Avec Jungle fever, Spike Lee met en lumière les dysfonctionnements systémiques de son pays, rongé par des normes sociétales viciées et le poids d’héritages familiaux, culturels et religieux très contraignants.
Face à ce constat d’une rare noirceur (L’Amérique n’est pas prête à accepter la différence et la mixité), le film oppose une inspiration formelle débordante de vitalité. Moins nerveuse et plus fluide que dans Do the right thing, la mise en scène n’en reste pas moins d’une rare virtuosité et Spike Lee fait preuve à la fois de maitrise et d’une énergie presque juvénile. Accompagné par une magnifique bande-son et porté par un casting étincelant aux multiples seconds rôles (John Turturo, Halle Berry, Tim Robbins et surtout Samuel L. Jackson, sidérant en drogué irrécupérable), Jungle fever prouve, s’il en était besoin, que Spike Lee va droit au cœur des choses grâce à son amour du cinéma.
Salué par la critique, récompensé à Cannes d’un prix d’interprétation pour Samuel L. Jackson, le film est un succès commercial (plus de 43 millions de dollars au box-office mondial, pour un budget de 14 millions) et consacre Spike Lee comme un des cinéastes majeurs de sa génération.





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