Un film de Spike LEE
- Durée : 2h00
- Pays d’origine : Etats-Unis
- Date de sortie : 1989
- Genre : comédie dramatique

Séance Plan culte : mardi 29 septembre 19h30
Sorti en 1989, soit il y a près de 40 ans, Do the right thing a profondément marqué le paysage cinématographique de l’époque. Porté par la virtuosité de sa mise en scène et l’acuité de son propos, le film est un véritable brûlot politique qui n’a rien perdu de sa pertinence et de son originalité.
Do the right thing s’inspire très librement d’une histoire vraie survenue en 1986 dans le quartier à majorité blanche d’Howard Beach, près de l’aéroport Kennedy. Trois jeunes Noirs furent poursuivi par une bande de teenagers blancs, tabassés à coup de battes de base-ball et l’un d’entre eux trouva la mort en tentant de fuir sur l’autoroute. À l’époque, la justice s’était montrée très clémente avec les agresseurs.
Spike Lee est profondément marqué par ce drame, symbole des inégalités sociales et raciales qui fracturent sa ville. Mais il est avant tout un cinéaste et c’est par le cinéma qu’il décide de s’emparer du sujet. Montage nerveux, couleurs éclatantes, angles de caméra décalés, bande son pulsionnelle, Do the right thing met en scène les rapports sociaux dans un mouvement esthétique au style ébouriffant. À la fois devant et derrière la caméra, Spike Lee est le chef d’orchestre inspiré de ce chaos urbain qui, derrière le pittoresque, transpire l’urgence et la colère.
La violence est sous-jacente, la tension monte peu à peu, jusqu’à la fameuse scène finale qui suscita de nombreuses controverses aux Etats-Unis. Alors que pour certains il s’agissait d’une incitation à la sédition pour les populations noires, risquant de faire imploser la société américaine, d’autres, au contraire, saluaient le courage d’un constat sans appel sur ladite société. En ce sens, Do the right thing est une œuvre radicale mais certainement pas manichéenne. Une position pleinement assumée par Spike Lee, qui clôt son film par deux citations de Martin Luther King et Malcom X sur la violence, immorale pour le premier, parfois légitime pour le second.
Avec Do the Right Thing, Spike Lee a bouleversé la place et la visibilité des cinéastes afro-américains dans le cinéma mondial, tout en s’affirmant comme un réalisateur de premier plan. À sa sortie, le film est un succès critique et commercial et il fait partie des favoris pour la Palme d’Or à Cannes. Il n’obtiendra finalement aucune distinction, suscitant la colère de Spike Lee qui quittera le festival avant la fin. Selon la rumeur, Wim Wenders, président du jury cette année-là, aurait apprécié le film mais pas la séquence finale…





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